Robert Haché est recteur et vice-chancelier de l’Université Laurentienne.

Les dernières semaines ont apporté des bouleversements pour l’Université Laurentienne, Sudbury et tout le Nord de l’Ontario.

L’Université Laurentienne, plus ancienne université du Nord de l’Ontario, est insolvable et nous n’avons pas pris à la légère la décision d’entamer des procédures en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Compte tenu des défis financiers de longue date et croissants de la Laurentienne, la mesure s’avérait nécessaire.

Même si cette étape extraordinaire a surpris beaucoup de gens, la force, la résilience, l’optimisme et l’engagement d’ampleur à l’égard de la Laurentienne ont également brillé par les actions de notre communauté.

Les étudiants sont la priorité à la Laurentienne. Tout ce que nous avons fait et faisons actuellement en qualité de membres du corps professoral, du personnel et de l’administration, et tout ce que nous ferons en allant de l’avant en tant que communauté, vise à assurer à nos étudiants la meilleure expérience possible et des résultats optimaux.

Le processus de la LACC sera difficile – nous devons procéder à bon nombre de mesures pour assurer la stabilité financière et opérationnelle de l’Université. Certaines d’entre elles ont été prises au cours de la dernière semaine, y compris la tenue de la première assemblée du Sénat après le dépôt de la demande, de la nouvelle audience dans les 10 jours suivant cette demande et d’une assemblée publique du Conseil des gouverneurs.

L’assemblée du Sénat a permis de souligner l’engagement de toute la communauté envers nos étudiants. Le Sénat gouverne le secteur des études de la Laurentienne et ses membres – provenant du corps professoral, de la population étudiante et de l’administration d’un peu partout à l’Université – se sont réunis dans un esprit de collégialité afin d’élire six membres pour le représenter dans le cadre de la médiation relative à la procédure de la LACC. La première étape du processus est de restructurer efficacement l’Université et je suis persuadé que nous avons fait des progrès énormes à cet égard la semaine dernière.

Juge en chef de la Cour supérieure, l’honorable Geoffrey B. Morawetz, qui possède une vaste expérience en insolvabilité, surveillera la procédure en vertu de la LACC. La semaine dernière, l’honorable Sean Dunphy, juge bilingue de la Cour supérieure de l’Ontario, a été nommé médiateur par le tribunal. Dans ce rôle, il collaborera avec les parties afin d’examiner et de restructurer les programmes d’études ainsi que le modèle des universités fédérées, d’apporter son concours à la négociation d’une nouvelle convention collective avec l’association des professeurs et d’aider à réorganiser nos activités futures.

Beaucoup d’intervenants collaborent pour assurer l’avenir de la Laurentienne. Je suis convaincu que la communauté Laurentienne fera front commun pour apporter les changements qui s’imposent pour que notre Université puisse non seulement survivre, mais aussi prospérer.

Pendant les trois prochains mois, chacun d’entre nous jouera un rôle important pour tracer le chemin que suivra la Laurentienne en restructurant ses activités et ses programmes d’études universitaires tout en se centrant sur l’intérêt des étudiants, la viabilité financière et de solides résultats. Un tel esprit de collaboration et de coopération permettra à la Laurentienne de réussir cette restructuration indispensable au cours des prochains mois.

La Laurentienne est un flambeau dans le Nord de l’Ontario, un incubateur de talents audacieux, de force morale et d’engagement communautaire. Comme je l’ai écrit récemment aux étudiants de la Laurentienne, dont beaucoup sont les premiers de leur famille à faire des études universitaires, ils méritent que notre université du Nord tienne sa promesse.

Nous assurons la formation de la prochaine génération d’innovateurs et d’intellectuels. Nous effectuons des recherches de pointe et des travaux d’érudition qui ouvrent de nouveaux horizons. Nous créons des mouvements sociaux et transformons des communautés. Nous faisons tout cela dans une communauté multiculturelle et hétérogène qui célèbre les cultures autochtone et francophone.

La Laurentienne fait valoir des qualités dignes d’être défendues et ses étudiants, eux, méritent toutes les occasions de poursuivre leurs études dans notre noble établissement.